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Le carnet

Clôture et contrôles ·  · 4 min de lecture

Décider sans attendre les états financiers annuels

Un rapport reçu quatre mois après la clôture est un document d'archive. La décision se joue sur une autre cadence.

Vos états financiers annuels sont produits par un cabinet, quelques mois après la fin de l’exercice. Ils sont exacts, ils sont conformes, ils servent à votre banque et aux autorités fiscales.

Ils ne servent pas à décider, et ce n’est pas leur rôle.

Deux besoins, deux rythmes

Il y a une confusion fréquente entre deux fonctions de l’information financière, qui n’ont ni le même public ni la même cadence.

La reddition de comptes. Annuelle, produite par un professionnel, normalisée, opposable aux tiers. Elle regarde en arrière et elle doit être irréprochable. Le délai est acceptable parce que rien ne se décide dessus.

La décision courante. Mensuelle, produite pour vous, orientée vers l’avant. Elle n’a pas besoin d’être certifiée, elle a besoin d’être à l’heure et cohérente d’un mois à l’autre.

Beaucoup de PME n’ont que la première. Elles pilotent alors avec le solde bancaire entre deux exercices, ce qui revient à voler aux instruments avec un altimètre annuel.

Ce que « à l’heure » veut dire

Un rythme tenu. Les contrôles passent chaque semaine sur les livres en cours, et le mois est arrêté à sa clôture, tous les mois.

La date compte plus que la précision, ce qui surprend souvent. Un rapport livré peu après la clôture, avec une marge d’incertitude connue, vaut mieux qu’un rapport parfait deux mois plus tard, pour une raison simple : à ce moment le mois suivant est déjà écoulé et les décisions ont été prises sans lui.

Une cadence tenue crée aussi un rituel. Le rapport arrive, on le lit, on décide. Un rapport qui arrive quand il arrive ne devient jamais un rituel, et il finit classé sans être ouvert.

Le rapprochement entre les deux mondes

Le mensuel et l’annuel doivent finir par se rejoindre, sinon vous avez deux vérités.

L’écart typique vient des ajustements de fin d’exercice du cabinet : amortissements, provisions, reclassements, impôts différés. S’ils ne sont pas reportés dans le système comptable, les soldes d’ouverture de l’exercice suivant en héritent, et le mensuel s’éloigne de l’annuel un peu plus chaque mois.

C’est un contrôle que nous faisons systématiquement : comparer le résultat de l’exercice tel qu’il figure dans le système avec celui des états déposés. Un écart significatif signale presque toujours des ajustements non reportés.

Ce que le mensuel doit contenir, et rien de plus

Trois choses suffisent, et il vaut mieux trois choses lues que douze pages classées :

  1. Où en est la trésorerie, et où elle va dans les prochains mois.
  2. Ce qui a changé depuis le mois dernier, avec l’explication.
  3. Ce qui demande une décision, avec l’effet chiffré de chaque option.

Le reste est du détail, et le détail doit exister quelque part pour être consultable, mais il n’a pas à occuper la réunion.

Ces trois questions sont celles auxquelles répond le rapport mensuel, dans l’ordre décrit par Quatre regards sur vos chiffres.

Vous vous reconnaissez dans ce texte ?

Un mois pilote produit le même travail sur vos propres chiffres. Vous voyez ce que ça donne chez vous avant de décider quoi que ce soit.